mercredi 16 mars 2022

Zoo

Ce que nous faisons :

 

Prisons, camps et hospices : invisibiliser les surnuméraires.

 

Élevage, marquage et traçage : façonner les populations.

 

Confinement, isolement et rationnement : dresser les comportements.

 

Aliénation, exploitation et massification : détruire les âmes.

 

 

Ce que nous nous faisons :

 

En réduisant les animaux à des choses, c’est notre propre extermination comme espèces vivantes que nous préparons.

 

En traitant les animaux comme des bêtes, c’est notre propre assujettissement comme individus singuliers que nous organisons.

 

En manquant d’humanité pour les animaux, c’est notre propre capacité à rêver et à aimer que nous détruisons.

 

La déconsidération de nos interdépendances nourrit la sidération de nos inconscients.

 

 

Ce que nous nous laissons faire :

 

Humains et animaux, nous sommes la matière première des intelligences artificielles qui gouvernent le capitalisme.

 

Animaux et humains, nos existences sont vidées de leur substance pour servir le dépaysement d’une élite hors sol.

  

Humains et animaux, nos mondes sont encapsulés dans des environnements synthétiques.

 

Animaux et humains, nos futurs sont en captivité.

 

 


 

lundi 28 février 2022

Solastalgie

Limiter les dégâts, apprendre à mourir, aimer au-delà du désespoir

Il est peut-être trop tard pour empêcher le cataclysme. Il n'est pas trop tôt pour nous préparer à en renaître. Tant qu'il est encore temps, utilisons le temps qu'il nous reste pour faire l'amour révolutionnaire, malgré la guerre non déclarée contre le vivant.
 

Déployer une vision pour faire advenir un futur désirable, c’est avoir un coup d’avance sur un ennemi qui multiplie les narrations de diversion et les leurres en produisant, de toutes pièces et avec nos données personnelles, des environnements factices et obsolètes auxquels nous nous épuisons à nous adapter.

Dire la vérité après la COP26, c'est envisager le pire scénario sur le plan des conditions d'habitabilité. Agir maintenant, c’est imaginer le mo
nde que nous voulons dans ces limites imposées à la croissance. Au-delà de "Au-delà de la politique", c’est élaborer notre vision de la société post-croissance, sans attendre le parlement citoyen. 

C’est pourquoi je propose cette expérience de pensée aux leaders solastalgiques : quelles seraient nos institutions dans un monde à +4° et sans énergies nucléaire et fossiles, ni monnaie-dette, sans exploitation animale, sans violences sexistes et sexuelles, et sans police ni milice ?

Aimer, l'acte d'habiter son monde. Où et comment se relier à autrui, en conscience. Et si c'était la seule alternative à l'hiver nucléaire pour mettre un coup de froid au réchauffement climatique ?

 

 

NB. De retour, mi-février, du premier stage d'une formation à la Thérapeutique de la Kabbale, j'ai clarifié mes objectifs 2022 : poser mes pieds dans les pas des poètes, pour inspirer mes camarades et leurs allié.es, et dans ceux des prophètes, pour réparer nos mondes épuisés. Désormais, mon investissement va se prioriser sur l'accompagnement des personnes (leaders, rebelles, sorcières) engagées dans le combat spirituel mené par la puissance de vie. Je verrai au cas par cas comment je pourrais être le plus utile sur le terrain.

jeudi 20 janvier 2022

Portrait dans "Imagine. Demain le monde" n° 148

"Imagine. Demain le monde" me taille le portrait, sous la plume et l’œil de Christophe Schoune, le temps long d'un entretien stimulant.






 

dimanche 19 décembre 2021

Cévennes

Je reviens de quelques jours en Cévennes, terre des Camisards et des maquisards, avec un message.

La révolution écologique passe par une reprise des terres. A chaque citoyenne dans son bassin de vie, une parcelle de terre. Aléatoire, inconditionnelle et incessible.

Pour ce faire, nous devons accélérer les effondrements politiques du système prédateur du vivant. Après le temps de la rage, vient l'âge du courage. C'est le moment de la prophétie de Shambhala.

Ma priorité est de guider les guerriers de lumière. Ils sont, nous sommes, les alliés et les serviteurs des sorcières, gardiennes de la terre et du vivant, en nous et en dehors de nous.

La proposition tactique de Roger Hallam et les campagnes "Insulate Britain", "Letzte Generation" et "
Ultima Generazione" me remplissent de joie.

Si, pour moi, les mouvements de désobéissance civile comme Extinction Rebellion doivent recréer l'alliance des hobbits, des humains, des elfes et des nains, en leur sein le groupe affinitaire "Les Sacrifiés" doit offrir à l'Armée des Morts (les élites corrompues) l'occasion de racheter leur dette climatique et trouver la paix.

La résistance civile mine le système. Elle en nourrit la destitution. Cette révolution citoyenne préfigure l'abolition de la nécropolitique, régime de destruction du vivant, et revivifie nos mondes épuisés.  

L'autodéfense du vivant : désigner l'ennemi, le défaire et lui pardonner.

 


mercredi 15 septembre 2021

Devant le ravage

Ouvre ta cage, sors ta rage 

Les pauvres au servage, les riches sans sevrage 

Fini d'être sages, l'heure au courage

Sous les barrages, gronde l'orage 

Dans le naufrage, vient le redémarrage 

Malgré les outrages, l'amour fait rage





mercredi 18 août 2021

Samhain

Le GIEC le décrit : notre système s'autodétruit. C'est l'effondrement. La décroissance sans le capitalisme est guidée, à toutes les échelles, par les valeurs d'hospitalité, convivialité, frugalité et solidarité.

Dans sa croissance illimitée et incontrôlée, il mène la guerre au vivant. Dépourvu d'extériorité, il persiste à devenir son passé. Il n'y a pas d'alternative à l'obsolescence programmée du système : nous ne pouvons ni accélérer l'autodestruction, ni nous y opposer sans l'alimenter. 

Devant la nécropolitique (ce privilège exorbitant de quelques démiurges et leurs intelligences artificielles réunies au G7 de décider qui peut vivre et qui doit mourir), l'action directe non-violente figure le nouveau futur. A nous de propager la joie, ce désir d'ensemble tout changer, et nous préparer à habiter les ruines du système. Nées de la terre, nous sommes le vivant, nous sommes amour et rage.

Le cataclysme climatique est la manifestation physique de notre responsabilité humaine. Apocalyptique, l'Anthropocène est dévoilement ici-bas de notre futur déjà réalisé par notre puissance d'agir en commun. Que nos institutions politiques s'alignent sur l'inconscient cosmique.

 

Banksy 2021 (Nicholas Everitt Park, Oulton Broad, Suffolk)

 

mardi 17 août 2021

Rustique

Quelques jours de régénération en ruralité et mon attention en ressort inspirée.

 
(mercredi) A l'orée de la forêt, sous le soleil au zénith, je suis tombé sur une farandole de sangliers et de marcassins qui labouraient un pré dans l'indifférence des quelques vaches qui y broutaient.
 

(jeudi) Imitant peut-être les pique-boeufs d'Afrique, des rapaces multipliaient, envergure déployée dans un ambitieux rodéo, les tentatives de chevaucher ces ruminants des Fagnes aux chairs hypertrophiées. 

(vendredi) Dès potron-minet, le fier volatile annonça le petit-déjeuner du philosophe: quelques discrets graviers écrasés sous les pneus de la factrice livrèrent la dépêche imprimée quotidienne, saluée par les premiers bêlements voisins.

(samedi) Je n'aurai jamais assez de mes deux mains pour les caresser soir et matin sous le museau, assoupis contre moi, leurs denses toisons de moutons noirs et brebis laiteuse à héberger d'innombrables plek madame.

(dimanche) Rome salue l'humilité de Marie et au détour de ce chemin de St-Jacques l'humidité du sous-bois fait rejaillir le joyeux souvenir de ta nudité caressée de lumière. Buisson ardent au cœur de l'inimitié nécropolitique crasse, je renoue avec le sacré de notre intimité poétique.

(lundi) Ils brouillent tous leurs oeufs pour les faire paraître jocondes (d'après Nietzsche).

(mardi) Masqué tel un ninja, le furet s'arrête et m'invite à écouter la respiration du monde. Les arrière-gardes de la rébellion ferment les avant-postes toxiques de la civilisation. Réunies en coven au cœur de la nécropole, les vigies de l'extinction ouvrent le nexus au futur déjà là.