Affichage des articles dont le libellé est cosmopoétique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est cosmopoétique. Afficher tous les articles

jeudi 26 octobre 2023

Motto

[Poète : mon engagement dans le collectif]

Cosmopoétique :
porter une voix de l'Âme du Monde
et renouveler la narration politique


[Prophète : mon accompagnement des individus]

Soin spirituel :
donner une arme à l'Amour
et libérer leur subjectivité aliénée

 

mardi 27 juin 2023

Vortex

 
Vortex, manifeste d'écologie non-dualiste

Diagnostic cosmopoétique* de notre époque

 

Le vivant est un processus continu d'auto-différenciation conduit par le Soi, étincelle en nous d'une sphère infinie dont le centre est partout et la périphérie nulle part.

Son enjeu est de réaliser l'union harmonieuse des contraires, malgré la division sans répit des identiques, œuvre diabolique.

Dans son mouvement, ce processus connaît des moments de dégénérescence, se manifestant sous forme de pathologies sociales et de régressions politiques.

Ces tendances à la crise sont exploitées et amplifiées par des acteurs en quête d'hégémonie, déclenchant la dédifférenciation des structures et des institutions sociales ou l'indifférenciation des personnes et des espaces publics.

L'accélération de ces déconnexions systémiques provoque la sidération des organisations existantes et entraîne la déconsidération des êtres vivants.

En santé mentale, les symptômes d'anxiété, de désorientation et de confusion sont les conséquences de la stratégie du choc menée par le capitalisme du désastre. Ses égrégores malades, les fantasmes de complot, perpétuent le système destructeur.

La surveillance de masse, la marchandisation du temps de cerveau et la brutalisation des conflits verrouillent la réduction en zombi. Il faut imaginer Sisyphe heureux, tel le hamster dans sa roue.

Dominée par le dualisme, conditionnée par le matérialisme et idolâtre du scientisme, la démesure d'avoir prétend pouvoir s'affranchir des limites physiques de l'être, à tous les degrés de l'échelle cosmique.

L'hybris transhumaniste effleure aussi le temps mythique où les chimères au statut ambivalent côtoient les créatures hybrides, ce temps du rêve dans lequel coexistent la communication spontanée avec le non-visible et les impostures calculées par les intelligences artificielles.

La dernière utopie avant l'extinction de notre étoile est, pour Icare, de se laisser blesser par l'espérance et vivre humblement l'expérience de la reliance. Embrassons la considération pour le vivant en et autour de nous, en alternative à notre domination exorbitante sur lui.

Afin de surmonter les résistances du passé projetées depuis le présent et faire advenir notre nouveau futur, les voies quantiques du non-agir interrompent la spirale mortifère en réalignant les deux foyers de l'esprit: le Moi, centre lucide de la conscience individuelle, et le Soi, noyau transcendant de l'inconscient collectif.

Comment suis-je passé de l'activisme climatique au soin spirituel sans renoncer à l'écologie politique? Il s'agit d'un changement d'attitude: je me suis extrait du conditionnement par la dualité et ouvert à l'harmonisation de l'être.

En 2022, j'ai vécu une conversion bouleversante qui m'a réconcilié existentiellement avec la puissance de vie. Depuis, j'accompagne les personnes dans leur ouverture à l'expérience de la foi. Et à y recevoir la force d'avoir le courage de protéger ce à quoi nous tenons.

Pas d'autodéfense sans transcendance, pas de descendance sans décroissance. Cet apprentissage est un fécond enseignement. Il me semble important de le partager dans mon métier et avec mes camarades de lutte.

Du fond de sa casserole, que ressent la grenouille pour le canari dans la mine? Méditer ne nous exonérera pas de militer pour devenir le changement que nous voulons voir dans le monde. La lame de la désobéissance civile se trempe dans la forge de l'écopsychologie.  

Proie furtive de la raison computationnelle, le vivant est l'Incalculable. La violence, l'incommunicabilité.

 

* "La sécession marronne relève d'une "cosmo-poétique" (du grec kosmos, le "monde" dans la beauté de son ordonnancement, et poiêsis la "production" d'une œuvre) : elle est "production d'un monde", création d'un "dehors" qui aura valeur de refuge et d'utopie concrète pour tous ceux et celles restés en captivité" (Dénètem Touam Bona, Sagesse des lianes, Post-éditions, 2021, p. 139).

 


 

mercredi 16 mars 2022

Zoo

Ce que nous faisons :

 

Prisons, camps et hospices : invisibiliser les surnuméraires.

 

Élevage, marquage et traçage : façonner les populations.

 

Confinement, isolement et rationnement : dresser les comportements.

 

Aliénation, exploitation et massification : détruire les âmes.

 

 

Ce que nous nous faisons :

 

En réduisant les animaux à des choses, c’est notre propre extermination comme espèces vivantes que nous préparons.

 

En traitant les animaux comme des bêtes, c’est notre propre assujettissement comme individus singuliers que nous organisons.

 

En manquant d’humanité pour les animaux, c’est notre propre capacité à rêver et à aimer que nous détruisons.

 

La déconsidération de nos interdépendances nourrit la sidération de nos inconscients.

 

 

Ce que nous nous laissons faire :

 

Humains et animaux, nous sommes la matière première des intelligences artificielles qui gouvernent le capitalisme.

 

Animaux et humains, nos existences sont vidées de leur substance pour servir le dépaysement d’une élite hors sol.

  

Humains et animaux, nos mondes sont encapsulés dans des environnements synthétiques.

 

Animaux et humains, nos futurs sont en captivité.

 

 


 

mercredi 15 septembre 2021

Devant le ravage

Ouvre ta cage, sors ta rage 

Les pauvres au servage, les riches sans sevrage 

Fini d'être sages, l'heure au courage

Sous les barrages, gronde l'orage 

Dans le naufrage, vient le redémarrage 

Malgré les outrages, l'amour fait rage





mercredi 18 août 2021

Samhain

Le GIEC le décrit : notre système s'autodétruit. C'est l'effondrement. La décroissance sans le capitalisme est guidée, à toutes les échelles, par les valeurs d'hospitalité, convivialité, frugalité et solidarité.

Dans sa croissance illimitée et incontrôlée, il mène la guerre au vivant. Dépourvu d'extériorité, il persiste à devenir son passé. Il n'y a pas d'alternative à l'obsolescence programmée du système : nous ne pouvons ni accélérer l'autodestruction, ni nous y opposer sans l'alimenter. 

Devant la nécropolitique (ce privilège exorbitant de quelques démiurges et leurs intelligences artificielles réunies au G7 de décider qui peut vivre et qui doit mourir), l'action directe non-violente figure le nouveau futur. A nous de propager la joie, ce désir d'ensemble tout changer, et nous préparer à habiter les ruines du système. Nées de la terre, nous sommes le vivant, nous sommes amour et rage.

Le cataclysme climatique est la manifestation physique de notre responsabilité humaine. Apocalyptique, l'Anthropocène est dévoilement ici-bas de notre futur déjà réalisé par notre puissance d'agir en commun. Que nos institutions politiques s'alignent sur l'inconscient cosmique.

 

Banksy 2021 (Nicholas Everitt Park, Oulton Broad, Suffolk)

 

mardi 17 août 2021

Rustique

Quelques jours de régénération en ruralité et mon attention en ressort inspirée.

 
(mercredi) A l'orée de la forêt, sous le soleil au zénith, je suis tombé sur une farandole de sangliers et de marcassins qui labouraient un pré dans l'indifférence des quelques vaches qui y broutaient.
 

(jeudi) Imitant peut-être les pique-boeufs d'Afrique, des rapaces multipliaient, envergure déployée dans un ambitieux rodéo, les tentatives de chevaucher ces ruminants des Fagnes aux chairs hypertrophiées. 

(vendredi) Dès potron-minet, le fier volatile annonça le petit-déjeuner du philosophe: quelques discrets graviers écrasés sous les pneus de la factrice livrèrent la dépêche imprimée quotidienne, saluée par les premiers bêlements voisins.

(samedi) Je n'aurai jamais assez de mes deux mains pour les caresser soir et matin sous le museau, assoupis contre moi, leurs denses toisons de moutons noirs et brebis laiteuse à héberger d'innombrables plek madame.

(dimanche) Rome salue l'humilité de Marie et au détour de ce chemin de St-Jacques l'humidité du sous-bois fait rejaillir le joyeux souvenir de ta nudité caressée de lumière. Buisson ardent au cœur de l'inimitié nécropolitique crasse, je renoue avec le sacré de notre intimité poétique.

(lundi) Ils brouillent tous leurs oeufs pour les faire paraître jocondes (d'après Nietzsche).

(mardi) Masqué tel un ninja, le furet s'arrête et m'invite à écouter la respiration du monde. Les arrière-gardes de la rébellion ferment les avant-postes toxiques de la civilisation. Réunies en coven au cœur de la nécropole, les vigies de l'extinction ouvrent le nexus au futur déjà là.


mercredi 28 juillet 2021

Déclaration de terre

Si la plus belle des ruses du diable était de nous persuader qu'il n'existe pas, notre devoir serait de réduire la dissonance cognitive par laquelle ceux qui nous gouvernent nous masquent la réalité du monde.

 

Né·e de la terre, j’acte que les riches et les dominants me font la guerre.

Né·e de la terre, mon sang et mon eau sont les proies de prédateurs cupides.

Né·e de la terre, mon air et mon feu sont empoisonnés par des artefacts numériques.

Né·e de la terre, ma nature sauvage est colonisée par des abstractions voraces.

Né·e de la terre, mon ennemie est cette civilisation sélectionnant qui peut vivre et qui doit mourir.

 

Né·e de la terre, je déclare l’indépendance des vivant·es et nourris l’amour du vivant.

Né·e de la terre, je m’affranchis de la servitude et j’exerce partout et avec nous mon consentement libre et éclairé.

Né·e de la terre, j'annule la dette publique et garantis un égal revenu de base inconditionnel.

Né·e de la terre, je construis la paix sur la justice, j’ouvre les prisons et interdis la police.

Né·e de la terre, je vis avec moins, partage ce que j’ai et travaille de mes mains.

 

Né·e de la terre, je résiste, avec griffes et dents, au mal qui vient.

Né·e de la terre, je démantèle les infrastructures mortifères, ferme les futurs déjà obsolètes et abandonne les élites sur orbite.

Né·e de la terre, je mange les riches, abolis les privilèges et habite les ruines.

Né·e de la terre, je moque l’ennemi, embrouille l’empire et propage la joie.

Né·e de la terre, mon corps est un territoire en luttes non-violentes.

 

 


samedi 20 mars 2021

Fin du mois, fin du monde

Fin du mois, me voilà tombé plus bas
Fin du monde, y en a que pour le climat

Fin du mois, y a plus grand monde
Fin du monde, y a plus de bourgeois

Fin du mois, survivre sans droit
Fin du monde, survivre sans toit

Fin du mois, stopper l'immonde
Fin du monde, donner de la voix

 


 

mardi 9 juin 2020

Souverain C


Depuis mars, notre civilisation est mise à l’arrêt par un micro-organisme. Nos machines volantes ont les ailes coupées et notre avidité de consommer ronge son frein. La moitié de l’humanité est sommée de revenir à l’essentiel. Une pause pour respirer avant de retourner à l’anormal ?

Notre système toxique profite de la crise sanitaire pour accélérer la régression démocratique : restreindre nos libertés sociales, surveiller nos comportements, renforcer l'atomisation individuelle et creuser la désolation émotionnelle par l'emprise totalitaire (bureaucratique, numérique et policière) sur nos vies.

Marchands de doute,
état d'urgence légal, capitalisme patriarcal, souffrance animale, racisme environnemental : la révolution conservatrice mobilise la stratégie du chaos pour déployer son projet transhumaniste.

Et si nous retournions cette crise en son contraire pour en faire une opportunité de régénérescence politique ? Et si la distance physique créait l’espace pour la résistance civique ?

Aujourd’hui nos sociétés sont à la croisée des chemins. Entre démocratie et barbarie, nous devons choisir notre destin. Sobriété partagée ou accumulation cuirassée : nous pouvons conduire notre déclin.

Telle est l’invitation cachée au cœur de ce qui a cloué au sol les fantasmes d’Icare. Revenir sur terre, retourner à nos besoins fondamentaux. A une lettre près, « coronavirus » est l'anagramme de « souverain c ».

Synonyme de « citoyens-rois », coronavirus annonce l'avènement, le couronnement de l'intelligence collective distribuée. Coronavirus nous invite à décoloniser nos imaginaires de la sorcellerie capitaliste et à refonder politiquement nos communs. 

Premières étapes de ce processus constitutionnel : populariser les assemblées et nous rassembler en peuples. Notre système fait la guerre au vivant. Déclarons la trève générale.


https://blog.p2pfoundation.net/the-snowflake-model-marshall-ganz-on-how-technology-has-changed-organizing-revolutions/2011/07/31

mardi 31 mars 2020

La conjuration du pangolin

Nous n’attendons pas de retour à la normale.
Nous n’espérons pas que les choses rentrent dans l’ordre.
Nous débarrassons la terre du capitalisme partout où c’est possible.

Nous sommes le vivant en légitime défense.
Nous réclamons la justice animale.
Nous propageons la révolution non violente.

Nous sommes le virus au cœur du système.
Nous portons la rage de vivre malgré l’extermination silencieuse.
Nous nourrissons l’amour du vivant.

Nous exerçons notre pouvoir d’agir en commun.
Nous rebellons nos institutions et nos organisations.
Nous développons résiliences et alternatives.

Le pangolin est la clef universelle.
Littéralement : Pan-goL-In, le login du tout-autre.
Nous sommes la conspiration du pangolin.