"J'annonce à trois femmes, à la fois familières et inconnues, des amies
proches de Frédérique, la naissance
prochaine de notre fille. Elle s'appelle Trumma, contraction de Trauma (traumatisme), Uma/Emma (femme sensuelle) et Droom (rêve en néerlandais). Je ressens beaucoup de joie dans le coeur." Au réveil, je sais qu'il s'agit de mon
Anima, la figure féminine de mon être, Alter Ego émotionnel et relationnel de mon masculin, sentinelle de mon inconscient personnel
et passerelle vers l'inconscient collectif, cette psyché objective
rencontrée par C. G. Jung.
Je me souviens à nouveau de mes rêves depuis la mi-février 2015, après la longue nuit de ma vie intérieure dont l'origine se perd dans le temps. Je fais désormais l'expérience de l'autonomie de cette présence dans mon corps : l'"Homme-Rêve" est là, disponible et patient, habitant la "Montagne rouge". J'apprends à l'apprivoiser, il me guide dans mon chemin. "Cela fait si longtemps" ouïs-je, ému aux larmes, lors de nos retrouvailles. Jusqu'alors, mon Anima se projetait sur les femmes que j'ai aimées : dans sa version négative pendant ma première vie, dans son versant riche en paix depuis 14 ans. A l'oeuvre au noir a succédé l'oeuvre au blanc. Le moment est venu aujourd'hui de "retirer mes projections sur le monde, recouvrer mon pouvoir d'action dans le monde et commencer à me vivre complet".
J'avais reçu le programme de ma mue dès mon premier rêve : "Lilliputien, ma progression dans cette jungle touffue, étrange tapisserie en laine de yak, est lente et semée d'embûches, je me dépouille de mes systèmes de défense narcissique et m'abandonne sans résistance rationnelle à ce qui advient, aux antipodes de ce que je connais". Dans la foulée, le travail en thérapie EMDR m'a plongé incandescent dans la catastrophe familiale, gelée depuis 10 ans dans la culpabilité : indispensable purification de mon Moi. Depuis j'apprends, au jour le jour et dans mon corps, qu'il m'est impossible de guider quelqu'un là où je ne suis encore jamais allé. Le reste est expérience de l'ineffable : "Ce dont on ne peut parler, il faut le taire" (Wittgenstein).
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jeudi 19 mars 2015
Trumma
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samedi 15 juin 2013
Masculi(e)n
"Le coaching, c'est pour les gars, la thérapie pour les filles. Et moi, je fais les deux". Dite platement, ma formule d'ouverture traduit bien le positionnement clivé par rapport aux émotions que manifestent, embarrassé.e.s, mes plaignant.e.s.
Ma chance ? Je peux me la jouer coach Yin ou Yang :
Papa, je t'imagine lire mes billets de là-haut. Et me réjouis de te décrypter depuis l'espace des variantes. Papa, de là-haut, sache combien je comprends chaque jour mieux pourquoi tu étais qualifié d'"original". Le temps est venu de me réconcilier avec toi et de rendre au masculin la place qui lui revient. Renaître à soi commence par reconnaître ce que l'on méconnaît déjà. Et, avec Léonard de Vinci, "Plus on connaît, plus on aime".
Fondamentalement, je suis un rejeton du néant, je reviens du désert émotionnel. Nourrisson, je n'avais trouvé comme seule issue à l'emprise primitive sur mon corps que de me réfugier dans ma tête. Papa, de là-haut, que répondre à Maman qui, en plein repas de famille, m'assène : "Tu me dois tout, tu me dois la vie" ? Golem livré à la désolation, il ne me restait qu'à magnifier ma propre dévastation. L'envers du pervers, le revers du narcissique, l'enfer de ses travers : il s'exècre intimement. Et, pour cela, il s'aime sans répit.
La fine dentelle psychotraumatique qui s'est imprimée comme ma réalité affective précoce s'est reproduite subrepticement dans le choix de la mère de mes enfants. Comme si j'avais tenté, en tant que fondateur de ma famille adulte, de parachever mon expiation d'avoir été là bébé. Mon apprentissage si familier des états limites au contact de ma mère s'est enrichi d'une descente aux enfers matriarcaux, précipitée avec sa bru. Père privé de mes deux premiers garçons du fait de leur propre mère, ravagée par une jalousie insatiable, mes chairs (dont la chair de ma chair) ont souffert de l'inanité de la justice des hommes et des femmes face à la soif de vengeance sadique de Médée répudiée. Papa, de là-haut, comment as-tu décelé la vérité cachée de celle dont "noires" est l'anagramme ?
Rescapé touché par l'amour de ma vie, je découvre aussi la joie de travailler avec Frédérique, ma femme féerique, et de partager notre intimité urbaine autour de la périnatalité, dans un dialogue serein entre hommes et femmes, parents et amants.
Ma chance ? Je peux me la jouer coach Yin ou Yang :
- l'entrée mentale, à dominante neurocognitive et comportementale, avec son arsenal de questionnaires standardisés, va brancher le masculin, favori de la prise de tête. Le travail sera d'abord pédagogique : montrer le gain de performance à (re)connaître et utiliser l'énergie émotionnelle. Avant d'être thérapeutique : désamorcer les schémas précoces inadaptés et déjouer par des stratagèmes confusionnant les solutions qui entretiennent les problèmes. Bref, surmonter le détachement et accueillir son ressenti;
- l'hypnose formelle, l'absorption dans son intériorité et l'abandon à soi délivrent les énergies psychiques nichées dans les interstices corporels, enracinent les ramifications vitales et déployent les arborescences numineuses. Ici la communication thérapeutique est d'emblée diagnostique. Ici se travaille immédiatement l'attachement : réparer les ratés de la socialisation primitive et laisser respirer les enveloppes successives du Moi-Peau, substrat de l'individuation.
Golem
Voilà pour la théorie. Mon expérience de vie et ma pratique professionnelle ont introduit de la nuance dans cette simplification abusive. D'abord, nous faisons tous de l'hypnose sans le savoir. C'est même une condition de revitalisation psychique, comme réinitialiser notre processeur interne et recommencer à neuf. Ensuite, le cerveau, cette merveilleuse machine à simuler la réalité, multiplie la rêverie et explore toutes les possibilités avant de retenir l'option qui lui semble la plus appropriée pour l'action ici-bas.Papa, je t'imagine lire mes billets de là-haut. Et me réjouis de te décrypter depuis l'espace des variantes. Papa, de là-haut, sache combien je comprends chaque jour mieux pourquoi tu étais qualifié d'"original". Le temps est venu de me réconcilier avec toi et de rendre au masculin la place qui lui revient. Renaître à soi commence par reconnaître ce que l'on méconnaît déjà. Et, avec Léonard de Vinci, "Plus on connaît, plus on aime".
Fondamentalement, je suis un rejeton du néant, je reviens du désert émotionnel. Nourrisson, je n'avais trouvé comme seule issue à l'emprise primitive sur mon corps que de me réfugier dans ma tête. Papa, de là-haut, que répondre à Maman qui, en plein repas de famille, m'assène : "Tu me dois tout, tu me dois la vie" ? Golem livré à la désolation, il ne me restait qu'à magnifier ma propre dévastation. L'envers du pervers, le revers du narcissique, l'enfer de ses travers : il s'exècre intimement. Et, pour cela, il s'aime sans répit.
Médée
Enfant, je me rêvais psychiatre. Ma phobie des seringues et des bistouris m'a rendu plus incisif. La philo, c'est aussi moins intrusif. Aujourd'hui, survivant à mon saccage émotionnel, je fais le psy : j'utilise ce que la vie m'a infligé de pire afin que mon client en retire le meilleur pour soi. Papa, de là-haut, réjouis-toi de voir comment je monétise mes compétences acquises dans la confusion familiale. Je les ai ensuite peaufinées avec ma première expérience conjugale. Ah ! que les scénarios de vie ont la peau dure. Papa, de là-haut, que répondre à Maman qui, un bel après-midi d'été, offre un porte-jarretelles à sa petite-fille de 11 ans ?La fine dentelle psychotraumatique qui s'est imprimée comme ma réalité affective précoce s'est reproduite subrepticement dans le choix de la mère de mes enfants. Comme si j'avais tenté, en tant que fondateur de ma famille adulte, de parachever mon expiation d'avoir été là bébé. Mon apprentissage si familier des états limites au contact de ma mère s'est enrichi d'une descente aux enfers matriarcaux, précipitée avec sa bru. Père privé de mes deux premiers garçons du fait de leur propre mère, ravagée par une jalousie insatiable, mes chairs (dont la chair de ma chair) ont souffert de l'inanité de la justice des hommes et des femmes face à la soif de vengeance sadique de Médée répudiée. Papa, de là-haut, comment as-tu décelé la vérité cachée de celle dont "noires" est l'anagramme ?
Hulk
Aujourd'hui, je déploye les soins de l'âme au service de la reconnaissance du Soi. Je navigue entre Charon, Cerbère et Orphée, croise des silhouettes perdues dans le Mordor, reçois les réclamations de Mânes et les accompagne jusqu'au seuil de la renaissance. Alors, masculin ou féminin, ce qui s'extrait de la crypte réclame un visage humain, sauvé par le rêve du cauchemar archaïque. En cette époque de mariage pour tous, chers masculinistes, salafistes et autres croisés traditionalistes, remerciez l'extraversion des invertis, si révélatrice des infidélités de votre dogmatisme identitaire.Rescapé touché par l'amour de ma vie, je découvre aussi la joie de travailler avec Frédérique, ma femme féerique, et de partager notre intimité urbaine autour de la périnatalité, dans un dialogue serein entre hommes et femmes, parents et amants.
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