Affichage des articles dont le libellé est counseling. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est counseling. Afficher tous les articles

mercredi 2 mai 2018

Soin spirituel


Retour à unif : à l'automne, je travaillerai le thème "Comment accompagner nos transitions de vie ? Naissance, mourance, croissance" dans le cadre de l'Université des Aînés de Louvain-la-Neuve. 

Nos existences sont ponctuées d’étapes inéluctables face auxquelles nous pouvons nous sentir démunis : naître, grandir, perdre, mourir. De quelles ressources disposons-nous pour faire face à ces moments? Comment partager avec nos proches les enseignements retirés de ces épreuves ? A quels enjeux et problèmes être attentif pour nous orienter avec succès dans ce questionnement ?

Le cours s’appuiera sur mon expérience clinique de l’accompagnement des adultes et des professionnels afin de clarifier quelques concepts issus de la littérature savante. En complément, il s’agira aussi d’exposer les bénéfices attendus de démarches telles que l’hypnose, la thérapie EMDR ou l’analyse de rêves. 

Cette introduction personnelle aux notions de "soin spirituel" (Canada) et d’"accompagnement spirituel" (Suisse), neutre par rapport aux confessions religieuses, se déroulera en 4 séances (mercredi 10 octobre 2018, 24 octobre, 14 novembre et 28 novembre, de 09h00 à 11h00) au Centre Tonaki (1 Voie de la Petite Reine, 1348 Louvain-la-Neuve).



mercredi 6 septembre 2017

Kaléidoscope

Kaléidoscope raconte l’effort d’une âme pour s’incarner malgré sa prison conceptuelle. C’est un voyage à l’intérieur de la tête d’un philosophe praticien. 

Partant de ma clinique, je prends du recul critique sur ce que je fais dans mon cabinet de consultation et comment j'en suis arrivé là dans mon parcours biographique, avant de fournir des repères théoriques à ceux qui, comme moi, souhaitent poursuivre leur cheminement spirituel sans renoncer à l’usage public de la raison.

Le ton est lucide et drôle tandis que le contenu est dense et authentique. On y rencontre une série de personnages hauts en couleur qui forment mon bestiaire de la communication thérapeutique. Kaléidoscope se veut une pédagogie de la vie sur Terre.
 


Cette plaquette professionnelle peut être obtenue ici ou sur Amazon




lundi 2 septembre 2013

Au-delà

Mes lectures de vacances m’ont conduit dans des territoires inconnus : explorer la réalité non ordinaire et mettre à l’épreuve mes préjugés cartésiens autour de la notion d’"âme", jusqu’alors marquée dans la tradition occidentale par l’interdit métaphysique. En tant qu’objets non mesurables matériellement, l’âme, l’esprit ou la conscience sont frappés d’excommunication, selon la conception techno-scientifique que la raison moderne a d’elle-même.

Ce dualisme a des effets pervers sur le terrain : d’un côté, le marché du spirituel prospère avec son florissant bazar d’accessoires, de mystifications et de diseurs de bonne aventure (voir le cas particulier analysé par l'Observatoire belge des sectes). De l’autre côté, le matérialisme scientifique campe sur ses certitudes, cramponné à ses dogmes d’arrière-garde. En matière de santé mentale, le récent DSM-5 illustre les apories de la médicalisation forcenée des comportements – quand la promotion du recours à la chimie pharmaceutique fait écho à l’abaissement des seuils de tolérance aux risques psychiques. Alors, comment faire droit à ce qu’il se passe parfois de "non habituel" dans mon cabinet de consultation et éviter Charybde sans tomber dans Scylla ? 
 
Laissons aux sophistes le soin de se quereller sur le sexe des anges ou les manifestations de la permanence de l’âme : du point de vue clinique, le paranormal est normal. L’objectif du thérapeute est de faciliter l’individuation – l’advenir soi – de son client dont le cheminement spirituel est marqué par des surprises, des anomalies ou des hiatus. Et, pour le client, il s’agit de déterminer face à cette "inquiétante étrangeté" ce qui, en lui, est aussi à l’origine de ce qu’il lui arrive, afin de lui permettre de surmonter la dissonance cognitive et d’intégrer son expérience vécue à sa biographie. A l'Institut Parapsychologique d'Utrecht (Pays-Bas), le "counseling philosophique" offre un accueil interdisciplinaire et non médicalisé aux personnes qui vivent des expériences exceptionnelles et cherchent à restructurer leur vision du monde après cette expansion de conscience.

Ensuite, comment soigner les blessures invisibles sans fourguer des suppléments d’âme et se donner bonne conscience à bas prix ? Deux pratiques d’états de conscience modifiés m’intéressent : le "recouvrement d’âme" et le "dégagement (ou extraction) d’entité". Dans le premier cas, il s’agit de réintégrer des fragments de personnalité dissociés au noyau identitaire et d’en restaurer l’horizon de potentialités. Dans le second cas, il s’agit d’éliminer des interférences parasitaires pour l’équilibre personnel et ce qui a prédisposé ces attachements toxiques. Récupération d’alters ou délivrance d’intrus, la visée est commune : libérer les nœuds de déperdition énergétique, faciliter les processus spontanés d’auto-immunité et d’auto-guérison, et aligner, dans son corps, les composantes physiques, émotionnelles, mentales et spirituelles de la personne. Panser le trauma, c’est, par la pratique philosophique, envelopper l'homme-signe dans ses peaux d'âme.

Enfin, comment vivre ce que nous croyons ? J’ai documenté cette question avec quelques livres, référencés ci-dessous. Voici ce que j’en retiens, en une synthèse intégrative. 
  • Le client, guidé dans sa visualisation par le professionnel, parcourt 7 étapes majeures : ancrage terrestre >> ouverture des vortex énergétiques >> connexion aux ressources protectrices et réparatrices >> purification et rééquilibrage des nœuds >> soins intentionnels spécifiques >> cautérisation des plaies >> élimination des scories et clôture. 
  • Conformément à la loi de l’attraction, cet itinéraire de guérison est animé par une intention, scandée en soins premiers : demander pardon, exprimer sa gratitude & se savoir reconnu. 
  • L’acquiescement négocié des parties concernées, quelle que soit leur nature (vivante ou morte, humaine ou non humaine, lumineuse ou obscure), garantit la qualité de la collaboration thérapeutique et la pérennité de ses résultats. 
Et si c’était, réflexion faite, les ingrédients de la "psychologie positive" et du bonheur profane ?

Sources :
Allen, Sue (2007), Spirit Release. A Practical Handbook, O Books
Baldwin, William J. (2003), Healing Lost Souls. Releasing Unwanted Spirits from Your Energy Body, Hampton Roads
Chambon, Olivier (2012), Psychothérapie et chamanisme, Guy Trédaniel éditeur
Deligné, Anne (2013), L’emprise des âmes, Editions Exergue
Fiore, Edith (2000), Les esprits possessifs, Editions Exergue
Harner, Michael (1980), La Voie du chamane : un manuel de pouvoir et de guérison, Mama Editions
Harner, Michael (2014), Caverne et cosmos. Rencontres chamaniques avec une autre réalité, Mama Editions 
Huguelit, Laurent (2012), Les Huit Circuits de conscience. Chamanisme cybernétique & pouvoir créateur, Mama Editions
Huguelit, Laurent & Chambon, Olivier (2010), Le Chamane et le Psy : un dialogue entre deux mondes, Mama Editions
Ingerman, Sandra (2006), Recouvrer son âme et guérir son moi fragmenté, Guy Trédaniel éditeur
Ingerman, Sandra (2012), Initiation au voyage shamanique, Véga
Kramer, Wim, Bauer, Eberhard & Hövelman, Gerd (2012), Perspectives of Clinical Parapsychology. An Introductory Reader, Stichting Het Johan Borgman Fonds
Pratnicka, Wanda (2002), Possessed by Ghosts. Exorcisms in the 21st Century, Centrum publishers

mercredi 7 août 2013

Philosophe

"Papa, c’est quoi ton métier ?". Si la vérité sort de la bouche des enfants, encore faut-il aussi pouvoir leur répondre : à la fois leur rendre des comptes sur ce que je fais avec autrui et leur partager ce que j’en fais pour moi.

J’ai rencontré deux philosophes en chair et en os : Jean-Marc Ferry, mon directeur de thèse, et Karl-Otto Apel, lors d’un séminaire scientifique à Arrábida, en juin 2001. Je me suis formé auprès d'autres, au travers de leurs écrits : Kant, Hegel, Fichte, Peirce & Habermas. Pour le reste, j’ai côtoyé des professeurs de philosophie, des chercheurs chevronnés, des sophistes médiatiques, des mandarins académiques et de nombreux fonctionnaires de la pensée. 

A côté de cette philosophie institutionnelle, l’espace public anarchique des revues, des blogs et des filets de tweets rend visible et accessible l’effervescence des praticiens et l’intelligence des amateurs. J’y participe depuis 1991, mû par ma responsabilité d’intellectuel critique et animé par ma croyance en l’usage public de la raison. Cette démarche est principiellement auto-référentielle : mes interventions comme publiciste portent sur la critique des déformations structurelles de la communication publique dans l’environnement médiatique et sur l’institutionnalisation démocratique des conditions normatives d’un espace public politique réflexif. C’est un projet inachevé qui stimule toujours ma pensée.
 

Une pratique rémunérée de la philosophie


Installé à mon propre compte depuis 2009, je pratique aujourd’hui la philosophie contre rémunération. En quoi consiste la "consultation philosophique" et jusqu'où décrit-elle mon activité professionnelle ?

Négativement, il s’agit de faire le deuil d’une ambition narcissique secrète et de s’accepter avec humilité : 

"La situation particulière de la consultation philosophique résulte sans doute du fait que le consultant philosophe n'a pas l'envergure d'un grand philosophe. Dans le meilleur des cas, le consultant éclaire les autres grâce aux philosophes et se nourrit lui-même des questions existentielles qui lui sont posées. Si le consultant philosophe avait une vision originale du monde à présenter et à explorer, il construirait sans doute une œuvre et ne passerait pas son temps à accompagner les autres" (Vlegeris, p. 323).
Les "nouvelles pratiques philosophiques" se disséminent, depuis 1981, à l’initiative de quelques figures pionnières. La "consultation philosophique" est née en Allemagne avec Gerd Achenbach, relayée en France depuis 1992 par Marc Sautet, créateur des "cafés philo", et Oscar Brénifier, aux USA en 1991 par Lou Marinoff et son association. Elles font aujourd'hui des émules, notamment en Suisse et en France.

Ces démarches partagent le même souci de rendre la philosophie efficace pour éclairer l’existence et orienter l’action de leurs bénéficiaires tout en veillant à se démarquer des coaches et psychothérapeutes par les références universalisantes aux œuvres de la tradition. Toutefois, le lexique utilisé pour décrire l’activité professionnelle trahit l’embarras du positionnement stratégique de la prestation. Si les télécommunications offrent du temps de parole et si les "consultants philosophes" proposent du temps d’écoute, so, what’s in it for me ?


Counseling


L’appellation terminologique d’abord : le "consultant" est-il celui qui offre ses services contre rémunération ou celui qui les sollicite moyennant paiement ? Si ce dernier consulte un professionnel qui propose des consultations, le bénéficiaire de celles-ci est-il "sujet", "patient" ou "client" ? Et comment qualifier les prestations fournies : "conseil" (analyse critique d’une situation), "formation" (transfert de compétences professionnalisantes), "recommandations" (préconisations d’action, stratégiques ou opérationnelles) ou "direction de conscience" (magistère moral, "mentoring" issu de l’expérience de vie) ?

Au Canada, la "profession du counseling" est un terme générique, inclusif de plus de 70 titres professionnels. Elle comporte deux volets cumulatifs : moral  (la "relation de counseling") et juridique (le "service de consultation"). La relation s’établit entre un "conseiller" et un "client" et son objet est délimité par le contexte institutionnel de son exercice, selon qu’il s’agisse d’une pratique privée en cabinet libéral ou d’une prestation en organisation. Et, dans ce dernier cas, le format du service, son commanditaire et son public-cible donneront lieu à des variétés d’intervention : café, salon, lunch ou apéro philosophique, atelier (consultation collective) pour adultes ou enfants, conférence, séminaire ou dialogue intra- ou inter-entreprises, supervision professionnelle ou accompagnement individuel de dirigeants, futurs dirigeants, hauts potentiels ou seniors en transition. 

 

Politiser le prendre soin


L’essentiel réside ailleurs : qu’est-ce qui amène le client – ce qui présuppose d’examiner s’il consulte de manière volontaire ou contrainte – et comment utilisera-t-il à son propre profit l’attention inconditionnelle que lui consacre son interlocuteur professionnel ? La philosophie cultive la prise de recul critique des acteurs sur leurs habitudes, routines et autres ornières du mode mental automatique. Comment appliquer cette réflexivité au counseling ? Ce que Peter Raabe résume ainsi : "If you want to become a counsellor, study counselling. But if you want to become a good counsellor study philosophy as well".

On touche ici au cœur de la relation d’aide décrite par les éthiques du Care comme le prendre soin des personnes dans leur vulnérabilité et leur interdépendance au monde afin de les réhabiliter dans leur dignité humaine. Certes, les thérapies brèves stratégiques construites sur la coopération avec le client, orientées vers les solutions internes qu’il méconnait et focalisées sur la constitution de ses "capabilités" ont depuis longtemps mis à jour le noyau dur du "prendre soin psychique", désamorçant tout paternalisme thérapeutique.
 

La consultation philosophique pourrait-elle, de son côté, démasquer les dérives maternalistes du Care ? Invoquer une prétendue "moralité des femmes" pour subrepticement renforcer "l'irresponsabilité des privilégiés" (Joan Tronto) : quand les puissants n'admettent pas leur dépendance à l'égard de ceux (et plus souvent celles) qui prennent soin d'eux et ajoutent la domination à l'alinéation. En se rappelant que l’"on a souvent besoin d'un plus petit que soi" (Le Lion et le Rat), l’enjeu politique est aussi d’éviter le piège de la commisération pour les victimes, de reconnaître les ressorts sociaux de leur souffrance et de forger avec elles les ressources critiques de leur transformation. Et si la liberté de panser du consultant philosophe rétribuait aussi sa liberté de pensée ?
 

Bref, philosophe c’est le masculin de sage-femme :
  • même méthode : la maïeutique, comme accouchement, advenir humain;
  • même activité : le Care, comme relation de prendre soin, articulant secours, soutien, solidarité et souci;
  • même ambition, peut-être désuète : la reconnaissance, comme renaissance par la connaissance.